XVIIe siècle

Une peinture d’Isabelle d’Este par Léonard de Vinci ?

VLeonardo da Vinci, Isabella d'Este. © D.R.

Anonyme, Isabelle d’Este (?) © Coll. privée/D.R.

Léonard de Vinci, le maître de la Renaissance italienne, n’a-t-il finalement pas fait qu’un dessin d’Isabelle d’Este ? La notice de l’œuvre conservée aujourd’hui au Louvre précise : « Portrait exécuté lors du passage de Léonard de Vinci à Mantoue, après avoir quitté Milan tombé aux mains des Français, entre les derniers mois de 1499 et les premiers mois de 1500 ».

Isabelle d'Este

Léonard de Vinci, Isabelle d’Este © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Thierry Le Mage

En 2013 est apparu un portrait peint d’Isabelle d’Este (?) qui faisait depuis longtemps parti d’une importante collection privée. Le tableau était stocké dans une banque suisse, nous apprenait le site Medievalists.net. Léonard de Vinci aurait donc fait une peinture d’après le dessin, une commande passé vers 1500 par la jeune femme noble, mais qui a n’a jamais pu être localisé et qui n’aurait jamais été terminé par l’artiste. Certains spécialistes confirmaient alors qu’il s’agissait bien d’une œuvre de Léonard de Vinci, mais il me semble que le tableau en question contient des éléments tardifs, probablement du XVIIe siècle, comme la couronne et la branche de palmier, qui transforment le portrait d’Isabelle d’Este en portait d’une reine mythologique, voire en femme martyr. Il est plus probable qu’un artiste anonyme du XVIIe siècle se soit inspiré du dessin de Léonard de Vinci pour fabriquer le portrait d’une sainte, peut-être Sainte Catherine (tenant devant elle la roue ?).

Images syriennes avant la guerre: Palmyre et Krak des chevaliers

Palmyre, tempPalmyre, Syrie. Temple de Baal, mars 2011. © A.B.

Le temple de Baal. Palmyre, mars 2011 © A.B.

Mars 2011, il y a cinq ans. La cité antique de Palmyre m’avait fait rêver depuis toujours, et ce rêve devenait enfin réalité quand notre car arrivait sur ce site classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais depuis mars 2013, Palmyre est sous le feu des combattants de Daesh. Au moment ou j’écris une mise à jour, le mardi 15 mars 2016, ce site du désert syrien est occupé par des barbares, et plusieurs monuments de Palmyre que j’avais eu la chance de voir dans toute leur beauté, ont disparu.

Après les sites antiques de Ninive et Hatra en Irak et d’Apamée en Syrie, Palmyre est devenu la cible des djihadistes. La destruction du patrimoine antique syrien est aussi celle d’un symbole du vivre-ensemble, du commerce international et de beauté. Palmyre est unique et irremplaçable.

L’histoire devenu monument

Un autre site syrien d’une époque différente a également été abîmé pendant la guerre, lui aussi classé patrimoine mondial de l’humanité. Le Krak des chevaliers incarne à lui seul le siècle des Croisades, une histoire commune des peuples d’Europe et de Palestine.

Krak des chevaliers, Syrie, mars 2011. © A.B.

Le Krak des chevaliers, mars 2011 © A.B.

La liste des monuments et sites détruits depuis le début du conflit en Syrie s’allonge de jour en jour : la vieille ville de Homs, le minaret de la Grande Mosquée d’Alep, le pont suspendu à Deir ez-Zor … et qu’est devenue la Grande Mosquée des Omeyyades à Damas, une pure merveille de l’art arabe du 8e siècle ?

La destruction des monuments antiques à grande échelle a commencé en mars 2001, avec le dynamitage des Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan. Des intégristes islamistes ont alors déclaré qu’ils devraient détruire la représentation de la divinité, l’image de Dieu étant interdite par le Coran. Or, ce prétexte pseudo-religieux n’est plus valable à Palmyre, car le temple de Baal ne contenait pas de figure humaine. Mais un lointain écho du Bildersturm des Guerres de religion du 16e siècle en Europe semble résonner: des hommes fanatisés détruisaient alors non seulement les statues et représentations de Dieu et des saints, mais aussi le mobilier et les églises elles-mêmes.

Que veut-on faire disparaître? L’image de Dieu. Mais toute image de Dieu, n’est-elle pas forcement l’image de l’Homme?