Histoire de l’art

Les Etrusques illuminent Paris

Composition d'antiques :

Félix Duban, Intérieur d’un tombeau étrusque, 1829 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Enfin une exposition sur les Étrusques depuis bien des années à Paris, cette civilisation antique à l’art fascinante. Elle se déroule sous le haut patronage des présidents des Républiques française et italienne. Des musées préteurs très prestigieux, des objets extraordinaires –  la visite s’annonce inoubliable. Elle l’est, mais c’est la beauté des objets qui procurent ce plaisir, certainement pas l’exposition elle-même. « Étrusques. Un hymne à la vie« , qui a lieu au musée Maillol jusqu’au 9 février 2014, n’est malheureusement pas la première exposition organisée par ce musée qui me laisse perplexe quant au but qu’il cherche à atteindre. Je trouve un concept d’exposition qui me rappelle le 19e siècle, une assemblée de beaux objets sans contexte. Certes, il y a des panneaux explicatifs, mais les textes sont succincts. En revanche, les cartels eux, sont bourrés de mots savants. On y trouve par exemple des  « fibules a sanguisuga à étrier plat » – traduction pour le profane : une attache de vêtement en forme de sangsue, avec fourreau plat. Cette description archéologique n’a pas sa place dans une exposition grand publique, et elle aide en rien à comprendre la fonction de la pièce. Le visiteur doit se contenter d’admirer sans comprendre, dans une atmosphère feutrée qui règne d’ailleurs partout dans les salles : une admiration béate et religieuse devant la beauté des objets.

De plus, les cartels sont rangés en colonnes sur le mur, souvent sur un seul côté de la vitrine, et sans numéros. Il faut se débrouiller en jouant à la comparaison pour éventuellement trouver la légende qui va avec l’objet en question. Parfois, on trouve une description compréhensible (pour le visiteur avec une culture générale correcte tout du moins).

© The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais/image of the MMA

Ciste © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais/image of the MMA

À côté d’un exponat en bronze nommé ciste – bien sûr, vous savez ce qu’est une ciste, et à quoi elle sert – apparaît le texte : « Le jugement de Pâris ». Il y a trois figures humaines sur le couvercle du coffre cylindrique, comme ci-dessus sur la ciste de Palestrina du Metropolitan Museum of Art. Mais on cherche en vain le lien entre ces deux hommes qui portent une femme sur leurs bras, et l’histoire de la mythologie grecque. La légende sur le cartel explique-t-elle peut-être la scène gravée sur l’extérieur de la ciste ? Possible, mais elle doit se trouver du côté mur, car on ne reconnait sur le devant qu’un char sur la gauche et des personnages barbus qui ne sont ni les trois déesses, ni Pâris.

Les objets étrusques sont présentés plutôt en ordre chronologique, tantôt par sites, tantôt par cultures, tantôt par thèmes (comme l’inévitable « femme étrusque »), mais tout flotte dans un ensemble oscillant entre les influences grecques, orientales et des reconstitutions du 19eme siècle. Les territoires économiques des Étrusques, Phéniciens et Grecs sont montrés sur une carte immense qui indique des villes et ports, mais non pas des marchandises échangées, et dans la salle attenante se trouvent que quelques amphores pour évoquer l’activité commerciale.

L’exposition propose au visiteur de mieux cerner la culture étrusque, en mettant en avant la vie quotidienne et non pas les tombes et les objets funéraires. Sauf qu’il n’y a pas de distinction entre les objets destinés à la vie et à la mort chez les Étrusques, une habitude qui existe également chez les Égyptiens (exception faite des objets proprement funéraires, comme les ouchebtis). Les morts habitent les tombes qui sont de véritables maisons, certains sont enterrés dans des urnes en forme de cabane. Les vivants tiennent des banquets en leur honneur, ils les nourrissent, et les ancêtres sont présents sur les fresques des tombeaux. La vie et la mort sont intimement liés, et l’au-delà est omniprésent.

C’est cette unité qui est le plus beau, et le titre de l’exposition en cela bien trouvé : cette « hymne à la vie » étrusque fait du bien dans une société européenne où la mort est oubliée, cachée et honteuse, ou les cimentières ne sont pas des lieux de vie, comme les sont les tombeaux des Étrusques.

Les surprises de la cathédrale de Chartres, No. 2

Un monstre. Entrée Nord, transept de la cathédrale de Chartres © A.B.

Une grenouille monstre. Entrée Nord, transept de la cathédrale de Chartres © A.B.

Une peinture d’Isabelle d’Este par Léonard de Vinci ?

VLeonardo da Vinci, Isabella d'Este. © D.R.

Anonyme, Isabelle d’Este (?) © Coll. privée/D.R.

Léonard de Vinci, le maître de la Renaissance italienne, n’a-t-il finalement pas fait qu’un dessin d’Isabelle d’Este ? La notice de l’œuvre conservée aujourd’hui au Louvre précise : « Portrait exécuté lors du passage de Léonard de Vinci à Mantoue, après avoir quitté Milan tombé aux mains des Français, entre les derniers mois de 1499 et les premiers mois de 1500 ».

Isabelle d'Este

Léonard de Vinci, Isabelle d’Este © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Thierry Le Mage

En 2013 est apparu un portrait peint d’Isabelle d’Este (?) qui faisait depuis longtemps parti d’une importante collection privée. Le tableau était stocké dans une banque suisse, nous apprenait le site Medievalists.net. Léonard de Vinci aurait donc fait une peinture d’après le dessin, une commande passé vers 1500 par la jeune femme noble, mais qui a n’a jamais pu être localisé et qui n’aurait jamais été terminé par l’artiste. Certains spécialistes confirmaient alors qu’il s’agissait bien d’une œuvre de Léonard de Vinci, mais il me semble que le tableau en question contient des éléments tardifs, probablement du XVIIe siècle, comme la couronne et la branche de palmier, qui transforment le portrait d’Isabelle d’Este en portait d’une reine mythologique, voire en femme martyr. Il est plus probable qu’un artiste anonyme du XVIIe siècle se soit inspiré du dessin de Léonard de Vinci pour fabriquer le portrait d’une sainte, peut-être Sainte Catherine (tenant devant elle la roue ?).

La Pagode de Chanteloup, folie du duc de Choiseul (1775)

La pagode de Chanteloup © A.B.

Vue depuis la pagode de Chanteloup, folie du duc de Choiseul © A.B.

Renaissance living comfort

You reckon Renaissance folk lived in freezing damp places, had no comfort, and they never washed ? Well – think again :

Rush wall matting, Azay-le-Rideau © A.B.

Rush wall matting, Azay-le-Rideau © A.B.

http://marieguiselorraine2015.wordpress.com/2013/08/31/renaissance-living-comfort/