Biographie

Colloque Marie de Lorraine, 2nde partie

Marie de Guise-Lorraine 1515-2015

MariedeGuise2_Affiche

Été 1538. Marie de Lorraine, veuve du duc de Longueville, arrive en Écosse comme seconde femme de Jacques V Stuart. Leur mariage spectaculaire est célébré dans le bourg royal de Saint Andrews. De quelle famille vient la jeune femme, et qui sont ses modèles ? Dans quels lieux vit-elle en Écosse ? Quel est son statut ? Quelle image a t-elle auprès des Écossais, et cette image, change-t-elle entre 1538 et 1560?

Née en 1515, Marie est la fille aînée du premier duc de Guise et première de plusieurs générations de femmes remarquables. La dernière Guise naîtra cent ans plus tard, une autre Marie appelée Mademoiselle Guise (1615-1688). Avec elle se terminent cent ans d’histoire de la famille Guise, une branche passionnante au destin tragique de la maison de Lorraine.

Programme du colloque du 12 février 2016 à la bibliothèque Carnegie, Reims:

  • 9h00 Accueil
  • 9h30 Ghislain…

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Le premier colloque français sur Marie de Lorraine-Guise

À la veille du 500e anniversaire de la naissance de Marie de Lorraine à Bar-le-Duc (Meuse), un premier colloque commémorait celle qui était reine et régente d’Écosse, mais dont la mémoire collective européenne semble avoir retenu que la mère de Marie Stuart.

Marie de Guise-Lorraine 1515-2015

MariedeGuise_Affiche500 ans après la naissance de Marie de Lorraine à Bar, aujourd’hui Bar-le-Duc en Lorraine, la capitale du Barrois se souvient à son tour de la fille aînée des Guise. Début juillet 2015, l’association régionale Sauvegarde du patrimoine l’avait honoré par une fête Renaissance à Joinville, lieu de son enfance. Le 9 octobre 2015, Bar-le-Duc accueilit une journée d’études universitaires, la première en France, à l’endroit même où Marie naissait le 20 novembre 1515.

Organisée par les universités de Reims, de Lorraine et l’auteur de ce site, la journée d’études fut consacrée à la jeunesse de Marie de Lorraine-Guise (1515-1538) :

Ouverture par Juliette Bouchot, Adjointe au maire à la culture et au patrimoine
Première séance. Présidence : Christine SUKIC (Université de Reims Champagne-Ardenne, CIRLEP)

  • Stefano SIMIZ (Université de Lorraine, CRULH) : Le Barrois et la Lorraine au XVIe siècle. État de l’art et interrogations historiographiques
  • Bruno

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Isabeau de Bavière, épouse d’un monarque normal

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Isabeau de Bavière. Source http://de.wikipedia.org/wiki/Isabeau

« Isabeau n’était pas capable de grandeur. » Voilà un jugement sans appel, lancé à la tête d’une lectrice de 2014 comme moi qui ne demandait rien. Aucune source n’est citée pour appuyer cet assassinat historique d’Isabeau de Bavière, reine de France et épouse de Charles VI. L’auteur de ces lignes, Philippe Erlanger, ne semblait pas conscient de l’influence exercée par l’Histoire récente sur le jugement de ce personnage. Née vers 1370 probablement à Munich, Élisabeth de Bavière fut marié en 1385 au roi de France Charles VI. Reine de France jusqu’en 1422, elle mourut à Paris en 1435. Quand est-ce qu’elle a changé son prénom, et pourquoi? Je cherche en vain une réponse dans le livre d’Erlanger. Publié en 1945, Charles VII et son mystère, l’ouvrage dont est tiré la phrase du début de l’article, porte ouvertement les stigmates de deux Guerres mondiales. En continuant, je tombe sur une phrase qui évoque ironiquement une certaine actualité en France. Isabeau, écrit Erlanger, fut l« épouse d’un monarque normal » (p. 22). Normal, le roi Charles VI?! Mais je ne suis pas au bout de mes surprises. Isabeau, apprends-je, n’a pas seulement mauvais caractère, elle est aussi une mauvaise reine, elle n’est même pas Française à vrai dire, et bien entendu une « mauvaise mère », comme clame haut et fort le titre du premier chapitre. Isabeau, c’est l’Obsédée de Bavière, de ses châteaux et ses lacs, qui en plus vole les bons Français:

« La Bavaroise aimait les richesses. Pour les gaspiller ou pour les enfouir au fond des souterrains. Pour sa sauvegarde et pour ses plaisirs. (…) Dix-sept années vécues en France n’avaient réussi qu’à exalter sa passion pour sa famille, pour sa patrie. Aucun paysage n’effaçait à ses yeux les montagnes et les lacs bavarois, aucun chevalier ne lui paraissait égaler son frère Louis le Barbu dont elle eût voulu un connétable. Les bonnes gens l’accusaient d’envoyer des trésors en Allemagne, l’appelait l’Étrangère. Elle haussait l’épaule, se souciant peu de popularité. »

Ce mélange de nationalisme et d’anachronisme, parsemé de misogynie, crée un Moyen Âge imaginaire et décadent. Mais ce n’est pas fini. Isabeau la Traînée ressemble plutôt à une odalisque lascive et obscène qu’à une reine de France du 15ème siècle:

« La fécondité de cette déesse du plaisir ne causait nu tort à son élégance, puisque la mode imposait aux femmes de conformer leur taille à celle de leur souveraine et de porter le ventre en avant. Ainsi, auréolée de gemmes, sa lourde gorge offerte, éblouissante de velours, d’hermine et d’or, Madame la Reine passait-elle, triomphante, des festins aux tournois, des bals aux cours d’amour. »

Tout cela ne m’a pas plu, pourtant ce ne sont que les deux premières pages du livre! De quel droit peut-on diffamer une femme de telle sorte? Certes, Isabeau est morte depuis 600 ans et ne risque plus de protester ou de traîner l’auteur de l’ouvrage en justice (qui d’ailleurs est mort lui aussi). Oui, c’est une étrangère, donc une victime facile, une « âme purement germanique », « fière de ses seins », selon les mots de Philippe Erlanger. Qu’est-ce, une âme germanique?! Et pourquoi elle ne devrait pas être fière de ses seins? Je m’arrête ici pour me calmer et poursuivre ma lecture. À suivre donc (si vous voulez bien).

Philippe Erlanger, Charles VII et son mystère. Éditions Gallimard, 1945 (1981).

Marie de Guise, Scotland’s French Queen (1538-1542)

Marie of Guise-Lorraine. © British Museum, London.

François Clouet, « La mere de la Royne descos de la meson de guise » © British Museum, London, Gg 1.420

September 18, 2014. For the first time in History, a referendum has given the Scottish people the choice to revert to independence. For centuries, Scotland has been an independent kingdom, but no one ever dreamt of asking the Scots by whom they wished to be ruled. Their kings descended from powerful Scottish families, and their queens from princely and even royal families of foreign countries such as England, Denmark or France. One of these foreign rulers was Queen Marie of Lorraine-Guise.

Lorraine, Bourbon, Guise

Mary of Lorraine was born the first child of what would become one of the most powerful families in sixteenth century France, the Guise. Her time was marked by profound social and religious changes in Europe. In today’s France, a few historians still know of her existence, but there is almost no knowledge about her in the general public. There are several reasons for her disappearance from French History books.

A sixteenth century noblewoman, Marie was all her life guided, or better say, ordered around by her most ambitious family. It all started with her father Claude, a younger son born into the family of the dukes of Lorraine, who served the French king Francis I. His father’s wishes and later his military bravery made him first a Frenchman, then in 1527 the first duke of Guise and governor of Champagne and Burgundy. Claude of Lorraine fought in Italy and Germany and was in his youth one of king Francis’ I closest allies. After duke Claude’s death in April 1550, Mary’s brother Francis of Guise became head of the family and, together with his younger brother Charles, cardinal of Lorraine, continued to influence the life and decisions of his sister in Scotland.

The pious life of Mary’s mother inspired French historian Gabriel Pimodan a biography published in 1889, entitled « Antoinette de Bourbon, the mother of the Guises ». According to Pimodan, her significance was the mothering of numerous male Guise descendants. Unlike her mother Antoinette, Marie of Guise did not make twelve children, she ended up with only one, and on top of that a girl. However, she too is known as the “mother of Mary Stuart” but did not have the good fortune to deserve a French biography. Marie had only the one daughter, as all her four sons died young. Both Guise women were much more than a “mother of”. Antoinette was a long-living and influent duchess, and her eldest daughter Marie started as duchess of Longueville herself before becoming in 1538 Queen of Scotland. In April 1554, her daughter the Queen of Scots nominated her in her absence Queen regent of Scotland. Powerful women such as Diana of Poitiers, the influent mistress of king Henry II, have a bad reputation in France. Ruling without a man, or with a “weak” man at their side, has always been a bad idea for a powerful woman. In the eyes of her sixteenth century French contemporaries, Marie “Royne d’Escosse” lived in a remote, cold and barbarian country. After her death at Edinburgh castle in June 1560, her personal qualities and her courageous struggle to uphold her daughter’s throne in Scotland was recognized and remembered in France. Today, she is all but forgotten.

The Guise family, too close to the throne of France

Marie was a Guise and the first child born into a highly ambitious family. Like all Guises, she was born and raised a Catholic. Unlike her mother Antoinette and her younger brothers, Mary seemed to have been more tolerant and adaptive. She did not live to see her once powerful male brothers and nephews murdered one by one. Her eldest brother Francis duke of Guise was stabbed to death by a Protestant in 1563. His son Henry, third duke of Guise, was assassinated by men of the French king Henry III at the château of Blois in 1588. At the end of the sixteenth century, the once glorious name of Guise was doomed.

Bar, Lorraine, France: “It’s complicated”

Another reason why Marie of Lorraine never got much attention in France might be that she was foreign born. The small duchy of Bar, her birthplace, and the much greater duchy of Lorraine had been independent for centuries. Her father Claude had been naturalised French by king Francis I, but the Guise family members were still regarded as strangers in the French kingdom. Lorraine, ruled by Claude’s elder brother duke Anthony, was still linked to Emperor Charles V, the hated enemy of France. From the mi-sixteenth century, Lorraine became the centre of a long fight between France and the Holy Roman Empire; even today, Lorraine is sometimes regarded as not entirely French.

Only mother of Mary Stuart?

Marie of Lorraine is mother to the very famous Mary Queen of Scots, a VIP in European history. Therefore, her mother queen Marie only appears as “mother of Mary Stuart”, like Antoinette is the “mother of the Guises”. In September 1550, when queen Marie came back to France from Scotland to see her family, her beloved daughter and her son Francis of Orléans from her first marriage to the duke of Longueville, she might have dreamt of staying in France. However, after the death of her son in September 1551, she left for Scotland. Did she obey the French king Henry II and her two brothers Francis, duke of Guise and Charles, cardinal of Lorraine, who ordered her to go back to Scotland and defend her daughter’s kingdom against England and the Scottish Protestants? Did she go back by her own strong will to fulfil her destiny as Queen of Scotland, to ride out in the battlefield against the English like Joan of Arc another woman from Lorraine had done a century before, to fight for the rightful Stewart sovereign like Joan of Arc had done for the rightful French king? She might not have forgotten that the English army had burned and destroyed the palace and abbey of Holyrood near Edinburgh, and the tombs of her husband James V and her two baby sons back in 1544.

At the end of her life, Marie of Lorraine-Guise and Scottish Queen regent fought the army of Queen Elizabeth I of England, another powerful unromantic female ruler, and yet another Renaissance woman who had decided she didn’t need a man to rule her realm, nor her life.

Read more about Mary of Guise on marieguiselorraine2015.com.

Words from Sir Winston’s American friend

« To Winston on his birthday. » November 30, 1944, by Franklin D. Roosevelt.

When visiting his home at Chartwell, Westerham, Kent, I remarked amongst the numerous presents Sir Winston Churchill received from all over the world, a printed word from Abraham Lincoln, dedicated to Churchill by another american president, Franklin D. Roosevelt. I was struck by the righteousness of Lincoln’s words :

« If I were trying to read, much less answer all the attacks made on me, this shop might well be closed for any other business. I do the best I know how, the very best I can; and I mean to keep on doing it to the end. If the end brings me out all right, what is said against me will not amount to anything. If the end brings me out all wrong, ten angels swearing I was right would make no difference. »

 

 

A la recherche du temps perdu

st. Musée Carnavalet, Paris

La chambre de Marcel Proust. Musée Carnavalet, Paris © A.B.

Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée (1958)

Il fallait servir : à quoi ? à qui ? J’avais beaucoup lu, réfléchi, appris, j’étais prête, j’étais riche, me disais-je : personne ne me réclamait rien. La vie m’avait paru si pleine que pour répondre à ses appels infinis j’avais cherché fanatiquement à tout utiliser de moi : elle était vide ; aucune voix ne me sollicitait. Je me sentais des forces pour soulever la terre : et je ne trouvais pas le moindre caillou à remuer. Ma désillusion fut brutale : « Je suis tellement plus que je ne peux faire ! »

Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée. Paris, Gallimard 1958, p. 225.