patrimoine vivant

Le premier colloque français sur Marie de Lorraine-Guise

À la veille du 500e anniversaire de la naissance de Marie de Lorraine à Bar-le-Duc (Meuse), un premier colloque commémorait celle qui était reine et régente d’Écosse, mais dont la mémoire collective européenne semble avoir retenu que la mère de Marie Stuart.

Marie de Guise-Lorraine 1515-2015

MariedeGuise_Affiche500 ans après la naissance de Marie de Lorraine à Bar, aujourd’hui Bar-le-Duc en Lorraine, la capitale du Barrois se souvient à son tour de la fille aînée des Guise. Début juillet 2015, l’association régionale Sauvegarde du patrimoine l’avait honoré par une fête Renaissance à Joinville, lieu de son enfance. Le 9 octobre 2015, Bar-le-Duc accueilit une journée d’études universitaires, la première en France, à l’endroit même où Marie naissait le 20 novembre 1515.

Organisée par les universités de Reims, de Lorraine et l’auteur de ce site, la journée d’études fut consacrée à la jeunesse de Marie de Lorraine-Guise (1515-1538) :

Ouverture par Juliette Bouchot, Adjointe au maire à la culture et au patrimoine
Première séance. Présidence : Christine SUKIC (Université de Reims Champagne-Ardenne, CIRLEP)

  • Stefano SIMIZ (Université de Lorraine, CRULH) : Le Barrois et la Lorraine au XVIe siècle. État de l’art et interrogations historiographiques
  • Bruno

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Marignan 1515/2015: la Renaissance est à la fête fin juillet en Val de Loire

AfficheMarignan2015

Cet été en Val de Loire, ce n’est certainement pas la énième reconstitution de bataille qui se déroule dans le parc de Beauvais à Romorantin le 24 et 25 juillet, et dans le parc Léonard de Vinci du Clos Lucé à Amboise le 26 et 27 juillet. Point du tout. Les spectateurs du 21e siècle assisteront à une somptueuse fête de la Renaissance sur des gradins qui offrent entre 1500 et 5000 places selon le lieu. Ce sera une célébration de la bataille de Marignan, avec mise en scène théâtralisée et en présence du jeune roi François Ier, de la reine Claude, de Madeleine de la Tour d’Auvergne, de Léonard de Vinci et de son mécanicien Giulio Tedesco, et des centaines de figurants. Un campement du début du 16e siècle se dressera sur place avec sa forge et sa cambuse, un château factice de bois et de toile s’élèvera, et des canons lanceront des balles de papier! En somme, un grand spectacle historique qui date en fait de … 1518.

À l’occasion du mariage de Madeleine de la Tour d’Auvergne (1498-1519) avec Lorenzo de Médicis (1492-1519) et du baptême du dauphin François, Léonard de Vinci organisa un simulacre de guerre avec la prise d’un château afin de célébrer la victoire de Marignan. De la fête du 14 et 15 mai 1518, l’ambassadeur de Mantoue, Stazio Gadio, décrit les éléments théâtrales :

une muraille continue d’une tourelle à l’autre, de toile peinte attachée sur des poutres en bois que l’on pouvait facilement ruiner (…) des ballons gonflés d’air, lesquels, tombant sur la place, faisaient s’écrouler sans férir les faux remparts au plus grand plaisir de tous : spectacle nouveau et conduit de façon ingénieuse.

Porté et dirigé par Pascal Brioist, professeur des universités et membre du centre d’études supérieures de la Renaissance à Tours, le but ambitieux du projet 2015 s’inscrit dans une volonté « de produire de la connaissance et de la faire partager, de préserver les patrimoines naturels et culturels et d’en préparer l’avenir ». C’est « une manière post-moderne de fêter la bataille » de Marignan, me dit l’historien. La fête de 1518 n’était elle-même moins une célébration de la victoire de Marignan qu’une tentative de raccommoder la relation du roi de France avec la papauté, une « esthétisation militaire » à des fins politiques et qui servait des jeux diplomatiques. Il fallait faire abstraction de la victoire militaire, car cette énorme bataille avait fait entre 15 et 17 000 morts.

Metteur en scène de la fête selon plusieurs chercheurs dont Pascal Brioist, le génie italien Léonard de Vinci, homme de guerre et ingénieur en chef de César Borgia, avait fait participer environ 5000 soldats au spectacle de bataille à Amboise en 1518. Aujourd’hui, ce sont des reconstituteurs bénévoles allemands, italiens, suisses et français qui seront les soldats, les cavaliers, piquiers et 120 lansquenets qui recréeront la bataille. Créateur d’effets spéciaux et de décors, assisté de son collaborateur Dominique de Cortone, Léonard de Vinci faisait entre autres s’écrouler un pan de muraille à grand effet visuel.  Les décors modernes, eux, ont été fabriqués en Lorraine, notamment la reconstitution d’un lion mécanique grandeur nature dont on possède une description par Giorgio Vasari (1511-1574). Malheureusement, aucun dessin de Léonard a survécu, il fallait donc imaginer la bête automate. Un élément très important de la fête sera sa musique: environ 20 musiciens, avec trompettes et tambours, évoqueront la musique de guerre autour de 1515.

Le travail préparatoire de cette fête belliqueuse historique a débuté en 2013, avec notamment des recherches sur les récits des ambassadeurs italiens qui se trouvent aux archives de Mantoue, de Venise et à la Bnf à Paris. Par contre, aucune image de la fête de mai 1518 n’a pu aider à la reconstitution. Elle fut l’une de ces célébrations éphémères comme autant d’Entrées dans des bonnes villes des rois de France. Pour avoir une idée du coût de la fête en 1518, Pascal Brioist m’explique qu’entre l’alimentation des convives du mariage et de l’organisation du spectacle, c’est un hôtel particulier à Tours, à l’époque la capitale de la France, qu’on aurait pu se faire construire. En 2015, le coût du spectacle s’élève à environ 600 000 euros, financé par la Région Centre, le Clos Lucé, des sources publiques et privées, par la ville de Romorantin et des sponsors comme Véolia et les supermarchés Leclerc.

Pour visiter, s’informer, se promener et suivre les événements Renaissance en Val de Loire cet été, c’est ici. Pour la lecture, quelques ouvrages de Pascal Brioist : Leonard de Vinci, l’homme de guerre, 2013. La Renaissance, 1450-1570, 2003. Croiser le fer. Violence et culture de l’épée dans la France moderne, 2002.

Le pont-canal de Briare (Loiret)

Canal de Briare

Le pont-canal de Briare © A.B. 2014

Le peintre Chazal et l’heritage du domaine de Villarceaux

Le 19eme siècle fourmille de peintres alors très en vogue, et totalement oubliés de nos jours. Les sujets de leurs peintures sont historiques ou religieux, et leur style rappelle souvent « la manière de ». Beaucoup d’entre elles dorment dans les réserves des musées, restent enroulées dans des greniers des particuliers ou pire, pourrissent dans des caves et remises humides. Parmi ces peintres oubliés se trouve Charles-Camille Chazal, né à Paris en 1825. Très peu de ses œuvres sont exposées dans des musées. Huit de ses toiles, souvent en mauvais état de conservation, ont été vendues aux enchères par la maison Osenat à Fontainebleau en février 2012. Récemment, une autre toile à été découverte dans l’église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien de Chaussy par Thierry Labussière, conservateur du domaine de Villarceaux.

Dans un article du Parisien paru le 31 mai 2014, Thierry Labussière explique que ce tableau de Charles-Camille Chazal, livré en 1859, à été commandé pour la chapelle qui se trouvait initialement dans le château haut de Villarceaux, construit au 18ème siècle pour Charles Jean Baptiste du Tillet, marquis de la Bussière. Au 19ème siècle, la famille Cartier, propriétaire du domaine, avait faire déplacer la chapelle dans un des deux pavillons de garde de la grille d’honneur du château, et souhaitait la décorer avec une peinture contemporaine.

Chazal_Villarceaux

La Vierge à l’enfant (1859) de Chazal, aujourd’hui en très mauvais état, éclairée par Thierry Labussière © Marie Persidat/Le Parisien

La grande toile de Chazal, qui mesure 3 m sur 2,50 m, est unique, non pas par son sujet religieux principal, mais par ce qui est peint aux côtés de la Vierge à l’enfant. On y voit une représentation du château médiéval de Villarceaux, dont subsistent aujourd’hui seulement les ruines du donjon et un pan de mur. Il a servi de matériau de construction pour le nouveau château haut, réalisé entre 1755 et 1759 par l’architecte Jean-Baptiste Courtonne. Le conservateur du domaine, Thierry Labussière, lance aujourd’hui un appel public au mécénat, à travers l’association des Amis de Villarceaux, pour restaurer cette peinture. L’entrée au domaine de Villarceaux est gratuit. En faisant un don aux Amis de Villarceaux pour sauver ce tableau de l’attaque des champignons, les visiteurs peuvent ainsi contribuer à la sauvegarde d’un témoin irremplaçable de l’histoire de Villarceaux.

Le peintre Charles-Camille Chazal est mort en 1875 à Paris, sa ville natale. Restaurer la Vierge à l’enfant de Villarceaux, peinte en 1859, ce sera aussi rendre hommage à un peintre oublié, en exposant cette oeuvre en 2015, à l’occasion du 140ème anniversaire de la mort de l’artiste.

Chazal Charles-Camille (1825-1875), La Visitation.

C. Chazal, La Visitation (1860). Musée de Beauvais. © M. Beck-Coppola/RMN-Grand Palais

Les surprises de la cathédrale de Chartres, No. 2

Un monstre. Entrée Nord, transept de la cathédrale de Chartres © A.B.

Une grenouille monstre. Entrée Nord, transept de la cathédrale de Chartres © A.B.

Les surprises de la cathédrale de Chartres, No. 1

Le sommeil du prophète. Cathédrale de Chartres © A.B.

Le sommeil du prophète. Entrée Nord, transept de la cathédrale de Chartres © A.B.