journalisme

Une Libération sans images

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© Libération

Voici un journal sans images aucunes : un monde sans couleur, sans rythme et sans visuel, qui fait pourtant parti de la perception humaine et donne à un titre de presse son identité. Le journal Libération du 14 novembre 2013 devient un Libération sans images. Il y a longtemps que les métiers de l’image – photographes, iconographes, rédacteurs photo, agences – alertent sur la dégradation des conditions de leur travail. Coupes budgétaires régulières, utilisation de photos gratuites – comme ces jolies photos de vacances et  autres photomaton qui fleurissent sur les pages – disparition des reportages et des commandes photo, transfert des compétences des services photo vers la maquette ou les rédacteurs, éditeurs et secrétaires de rédaction, la liste est très longue. Il était donc temps de pousser cette logique perverse à son paroxysme et suivre son développement logique : la disparition de l’image et des métiers de l’image dans la presse. Aujourd’hui, Libération a eu le courage de le faire. Le journal place ainsi les métiers de l’image dans la longe liste des savoir-faire qui meurent dans une indifférence générale. La récente annonce de la fermeture du fabricant de pianos Pleyel et le malaise des métiers d’art sont d’autant d’alertes dans un pays ou la réforme, le dialogue et l’audace sont des mots qui font peur. Mais la peur n’a encore jamais résolu de problème, au contraire; elle renferme, rend avare et méfiant. Tant que l’avidité sans créativité et sans vision règnera en maîtresse, tant que la lâcheté et la soumission priment, tant que l’indécision et la peur bloquent tout, on aura bientôt d’autres journaux sans images – ou tout simplement plus de journaux. Nous aurons alors un monde coupé en deux : sur le papier, le texte sans images, et sur le net, des images sans texte. Bienvenu dans un monde incompréhensible.

Alain Genestar et la société d’aujourd’hui

 » Quand la société n’est plus pensée, quand les valeurs humaines et morales ne sont plus brandies en étendard, quand elles sont foulées au pied par ceux-là mêmes qui devraient les incarner, quand le pouvoir est globalement défaillant, quand les présidents, dont l’actuel, ne renvoient pas d’eux-mêmes une image valorisante, courageuse, quand un doute s’installe dans leur capacité à nous représenter, à décider, à présider, alors un besoin d’ordre se fait sentir, avec, comme premières victimes, les faibles, les pauvres, d’autant plus accablés, traqués, que leur nombre ne cesse de croître. »

Alain Genestar, dans POLKA magazine no. 24, novembre 2013 – janvier 2014, p. 69.

 

La violence des riches.

 » Autre violence insupportable que tous les travailleurs de France et d’ailleurs doivent désormais subir : le dogme selon lequel leur salaire est une « variable d’ajustement », un coût et non un dû, avec ces lancinantes menaces d’externalisation alors que, comme le rappellent les auteurs, dans le calcul du prix d’une voiture (ou d’une paire de tennis) la main d’œuvre de production n’entre que pour 1/20ème dans le prix final. »

 » Un monde où la crise de 2008 n’est pas dû aux banquiers véreux et aux entrepreneurs voyous mais aux “ avantages acquis ” (alors qu’il s’agit de droits conquis) des travailleurs. Le discours dominant édulcore la réalité. Il n’y a plus de clochards mais des SDF, plus de chômeurs mais des sans-emplois. Les plans de licenciement sont des plans sociaux, voire des plans de sauvegarde de l’emploi. Les privatisations sont des cessions d’actifs publics. »

Bernard Gensane sur le nouveau livre de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La violence des riches. Éditions La Découverte, 2013. 

Eva Joly et la justice française

« Son protocole entretenu à coups de grades et de notes n’est que la devanture d’une institution soumise, qu’on somme aujourd’hui de condamner quand la jeunesse s’échauffe, mais qu’on somme de se taire quand elle ébranle les hautes sphères de la République. (…) Et je sens toujours sur moi le regard trop confiant des tout-puissants convoqués là. Rien ne pouvait leur arriver. Ils avaient gagné tant de batailles politiques ou financières, connu tant de retournements, ils étaient devenus si importants … Ils n’avaient pas tort avec leurs certitudes (…) Le grand édredon des élites françaises a amorti les coups. La République sait distribuer les passe-droits, les coups de pouce et les aides fraternelles. »

Eva Joly à propos du Palais de justice de Paris, dans son livre La force qui nous manque. Petit traité d’énergie et d’orgueil féminin. Éditions des Arènes, Paris 2007, p. 84-85.

La CRDS, ou Encore un joint de robinet

Nous avons tous déjà fait l’expérience : quand tout un système est pourri, il ne sert à rien de changer des pièces.

tuyaux

Dans mon immeuble, les tuyaux d’arrivée d’eau ont atteint un âge vénérable. Je crains même qu’ils n’ont jamais été changés. Nous les habitants pouvons nous réjouir quotidiennement d’un concert composé de grincements, miaulements, gémissements et d’autres bruits bizarres qui émanent de ces entrailles en plomb. Parfois, j’ouvre le robinet, et le filet d’eau qui en sort diminue, s’amincit, diminue encore jusqu’à son arrêt total. Plus d’eau. Puis, après quelques instants, les tuyaux crachent, sautent, et l’eau revient, explose depuis mon robinet, par à-coups, entremêlée de bulles d’air qui éclatent en sortant. Je peux toujours changer le robinet, le joint du robinet, l’âge de la tuyauterie ne changera pas, le problème persistera.

J’ai trouvé un de ces « joints de robinet », une pièce appelée CRDS. La CRDS est un sigle qui apparait sur les fiches de paie en France. Mais qu’est-ce ? Voici ce que nous dit l’Urssaf :

 » La CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) a été instaurée le 1er février 1996 pour une durée de 13 ans. Finalement sa durée a été portée à 18 ans soit jusqu’au 31 janvier 2014. Elle a pour finalité d’apurer les déficits de la Sécurité sociale. »

Apurer signifie selon la définition du dictionnaire Larousse « s’assurer que les articles d’un compte (recettes et dépenses) sont régulièrement établis et appuyés des pièces justificatives. »

Je ne connais rien de la Finance, je suis un simple citoyen, mais j’essaie de comprendre ces mots. Il ne s’agirait donc pas de rembourser la dette de la Sécurité Sociale – ce qui est à priori impossible, vu les dizaines de milliards d’euros accumulés – mais d’assainir les comptes, de rééquilibrer les recettes et les dépenses. Comment ? En trouvant de recettes supplémentaires, comme la fameuse CRDS, la contribution au remboursement de la dette sociale. Nous y contribuons à un taux de 0,50%. En septembre dernier, la Cour des comptes préconisait un relèvement du taux à 0,56%. Mais même si on augmentait la CRDS, même si on arrivait à récupérer la somme équivalente à la dette annuelle de la Sécurité Sociale qui augmente chaque année, que fait-on de la dette déjà accumulée ?

La fin de la CRDS été annoncée pour le 31 janvier 2014. A-t-on réussi à apurer les comptes ? Une question rhétorique bien sur. On ne parle plus du remboursement de la dette. Nous allons la trimballer pour toujours, ou plutôt, nous allons la passer en héritage à nos enfants, en toute connaissance de cause. Le 13 septembre 2012, dans un communiqué sur la situation financière de la Sécurité Sociale, la Cour des Comptes mettait en garde:

« Si un effort exigeant de redressement n’est pas rapidement engagé, la dette sociale continuera à croître alors même qu’elle ne peut continuer à être reportée davantage sur les générations futures. »

Mais si, elle le peut. Nous sommes arrivés en juin 2014. Voici la bonne nouvelle, trouvée sur le site de l’INSEE : « Initialement prévue pour être prélevée à titre temporaire jusqu’au 31 janvier 2014, elle continuera à être perçue jusqu’à l’apurement de la dette sociale (disposition instituée par la loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie). »

Encore une bonne nouvelle ? Depuis la fameuse loi de 2004, nous payons aussi une franchise médicale de 1 euro par acte médical, en plus de la CRDS. Rappelez-vous, il y a dix ans, la situation de la Sécurité Sociale était décrite ainsi: « La loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie s’est inscrite dans un contexte financier extrêmement dégradé. Le déficit du compte de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) s’élevait à 11,9 milliards d’euros fin 2004, soit environ 10% des dépenses de la branche. La CNAMTS n’a jamais connu de situation d’équilibre au cours des quinze dernières années et le déficit s’est accru très rapidement au cours de la dernière période. »

La CRDS, c’est comme le joint d’un robinet qu’on change de temps en temps, pour éviter qu’un futur habitant ne remarque la détérioration du système d’arrivée d’eau. C’est comme si on laissait à nos enfants une maison avec des robinets et joints tout neufs et bien visibles, en leur cachant soigneusement que dans la cave, les tuyaux sont déformés, prêts à exploser, remplis de substances toxiques, abîmés au-delà de toute possibilité de réparation. On n’a qu’à fort espérer que tout n’explosera pas avant de pouvoir se débarrasser de cette maison à la génération suivante …

Mis à jour le 28 juin 2014.

Le beau monde du travail : confusion, soumission etc.

Première partie : semer la confusion

 » (…) le salarié français est dans une situation ambiguë encouragée par sa propre entreprise : d’un côté, il doit s’insérer dans l’ordre normatif et réglementaire qu’incarne le supérieur hiérarchique ; et d’un autre côté, il doit faire preuve d’autonomie en montrant qu’il ne dépend pas des autres pour organiser et exécuter son travail. Il en résulte une double déconnexion néfaste pour les relations de travail : déconnexion du salarié par rapport à son supérieur hiérarchique, déconnexion par rapport à ses collègues.  »

 » (…) l’entreprise a des orientations stratégiques, elle communique dessus mais elles sont tellement décalées par rapport à la réalité du terrain qu’elles ne parlent pas à grand-monde. »

Deuxième partie : mieux vaut la fermer

« Par ailleurs, est-ce à dire que les supérieurs hiérarchiques sont plus réticents que leurs homologues internationaux à prendre connaissance des problèmes professionnels de leurs subordonnés ? Dans ce cas, ils décourageraient implicitement la remontée des problèmes, ce qui entraînerait un phénomène de déni – d’où un cercle vicieux d’exacerbation des problèmes irrésolus et de rétention encore plus forte de problèmes qui s’aggravent avec le temps et qui deviennent encore plus difficiles à communiquer au supérieur hiérarchique.  »

« Autrement dit, il y a là un facteur de risques pour le salarié, mais aussi pour l’entreprise : risques psychosociaux (voir l’article sur ce sujet), et risques pour l’activité de l’entreprise car si les salariés n’ont pas développé une saine communication sur leurs problèmes professionnels, ils n’auront pas non plus une saine communication des problèmes, erreurs, failles, menaçant l’activité de leur entreprise. »

Troisième partie : restes où tu es, pour toujours

 » Mais au lieu d’être considérée en tant que pari sur l’avenir et gage de relation sur le long terme, l’information sur l’évolution professionnelle est malheureusement parfois considérée comme un risque et une menace : s’il en sait trop, le salarié ne risque-t-il pas de « réclamer » une évolution qui tarde à venir, et ne menace-t-il pas de prendre la place de ceux qui sont au-dessus de lui ? »

Ces citations proviennent de deux excellents articles de Benjamin Pelletier : « Défaillances managériales des entreprises françaises (1) – Mirages de l’autonomie » et « Défaillances managériales des entreprises françaises (2) – Fractures multiples », publiés sur le site Gestion des Risques Interculturels.

Ariane Bilheran, « Manipulation ». Paris, Arman Colin 2013

 » La démocratie n’est viable que si elle se fonde sur une méritocratie, c’est-à-dire une égalité qui n’est pas arithmétique (1=1, égalité stricte), mais géométrique (proportionnalité, équité). L’égalité arithmétique nivelle au mépris de la complémentarité et de la richesse des différences; l’égalité géométrique reconnaît l’égalité de droits mais les différencie et permet ainsi de récompenser l’effort, le mérite, l’investissement, la motivation, etc. Tout l’art de la manipulation politique consiste à faire croire au peuple qu’il est en démocratie par exemple, sans qu’il le soit vraiment. »

Ariane Bilheran, « Manipulation. La repérer, s’en protéger ». Paris, Armand Colin 2013, p. 156.

« Shortcuts to greatness » ? Photojournalism festival Visa pour l’image

On august 31 started the 25th festival Visa pour l’image in french city of Perpignan. I was wary what would be coming when I went through the article in TIME magazine’s september 9 issue, written by french journalist and critic Anne-Céline Jaeger. The good news : it’s mostly images (what a surprise), seven Visa winning photos, three of them taken by photographers from the agency VII. Stephanie Sinclair‘s image of two 8-year-old girls married to much older men, taken in Yemen in 2010, occupies the largest space of the three double page article, along with a full page black and white portrait of Jean-François Leroy, founder of the Perpignan festival in 1989. The Yemen photography of Sinclair, who is a member of VII, has been chosen by the United Nations Population Fund for the campaign Too young to wed. The UNFPA tries to rise awareness for the practice of child marriage; the joint campaign with VII started in october 2012. Her Yemen photo shows that Sinclair has not only the technical skills of a great photographer, but also a « regard compassionnel« , a compassionate view on human beings. This is also the case of british born photographer Don McCullin who is given an important retrospective in Perpignan this year.

The bad news – and I knew there would be – are these : « When we started Visa pour l’image, I knew a few hundred photojournalists who were living decently from their job. Now I know about 20. » And that’s not all. Leroy continues his analysis of things : « I think young photographers are very talented, but they don’t know anything about the history of photography. » Now this is interesting. For once, the decline of photojournalism is not only the publishers fault, the lack of money’s or the economic crisis’. It reveals something equally important : the lack of knowledge, of intellectual curiosity, of good education and the awareness that there have been others before. This is certainly not meant to criticise youth, and I don’t think that was Leroy’s intention either. Anne-Céline Jaeger says it in other words : « Technology (…) has helped convince a new generation that there might be shortcuts to the greatness the likes of McCullin and Duncan earned over decades. »

Here we are back again to some not very new but very true fact : time. There is no time for anything and anyone any more, not for publishers, not for picture researchers, not for photographers, chosen or suffered – and not for readers either. But time can’t be ignored or compressed, and there is no technical shortcut to greatness. So what do we do ? Can we – do we want to – stop this insane race to more productivity, more advertising, to more bad magazines, more stupid articles, more silly pictures ? Do we want our readers to pick an article or two ? Do we want to cut magazines and newspapers into small bits, as Jeff Bezos might want to do with the Washington Post ?

This year’s Visa pour l’image will certainly host more visitors than last year – more than 3000 accredited professionals from all over the world came to Perpignan in 2012. There are many people who like photojournalism, but it can’t be given for free. Quality needs time – and money. Anyone can shoot a good picture from time to time – by accident. It’s the « always quality » we should aim for, in every single photography. Good technical skills and material are needed, but they won’t make pictures that make us shiver. Technical skills might quickly impress, but won’t have any lasting impact on us. It’s that lasting impact only time and the photographers personality can do, what makes greatness.

Pop and art – shock does not automatically confers value

« Pop is suffering from the same malady as the art world, which is stuck on the tired old rubric that shock automatically confers value. »

Camille Paglia, « Pop’s Drop : From Madonna to Miley ». Time magazine (Europe), 9 septembre 2013, p. 40.

Jeff Bezos plus Washington Post = new News ?

Le Washington Post du 10 octobre 1973.

Le Washington Post du 10 octobre 1973 © D.R.

Dans le magazine Time (Europe) du 19 août 2013, le journalist David von Drehle analyse le rachat du vénérable journal américain Washington Post, révélateur de l’affaire Watergate, par le PDG d’Amazon Jeff Bezos, pour 250 millions de dollars. Le Washington Post, écrit von Drehle, « is a business from a vanished past » (un business d’un passé évanouie). Et ce n’est pas le contenu qui est surannée, mais son business model. Il n’est plus viable, comme celui de tous les autres journaux.

Pendant des décennies, le Washingon Post était le premier journal du matin, ses concurrents ayant été racheté au fil des années. Les journaux d’après-midi se retrouvaient dans la position de l’éternel second, et en directe concurrence avec la télévision. Ainsi, le Washington Post pouvait dicter ses prix à la publicité et financer un contenu de qualité – reportages, photos, exclusivités, enquêtes etc. Puis apparaissent des journaux gratuits, et ce gros business qui marchait si bien, s’écroule.

Les News gratuits ont-ils tué les News payants ?

C’est une affirmation courante mais erronée, selon von Drehle, car « free news was nothing new. Publishers never made much money on the news. » (les News gratuits n’étaient pas nouveau. Les éditeurs n’ont jamais gagné beaucoup d’argent avec les News). L’argent ne venait ni des actualités, ni des abonnés, ni de la distribution, mais surtout de la publicité. On fabriquait un « paquet » de contenu, de photos et de (beaucoup de) publicité pour atteindre un maximum de personnes.

Tout a changé. Plus grand monde ne veut ce paquet, seulement des morceaux, et ceux-là à son rythme, dans la forme de son choix et au moment de son choix. Les salariés du Washington Post, dont le nombre a fondu de moitié depuis des années 1990, ont été sans doute soulagé d’apprendre le rachat du journal par Jeff Bezos. Son projet serait – selon von Drehle – de couper le contenu généraliste en petit paquets à contenu spécialisé.  Jeff Bezos, écrit von Drehle, « is likely to look for ways to break it up (i.e. the old bundle) and give people the content they value in whatever form they want it – for a price. » (Bezos va probablement chercher à morceler le paquet et donner aux lecteurs le contenu souhaité dans la forme souhaitée – contre paiement.) On y retrouve la stratégie des Kindle Singles, ces petits textes téléchargeables sur le site d’Amazon.com, souvent pour moins d’un dollar. Mais que vont devenir les sujets complexes, les reportages photo et les enquêtes longues et/ou dérangeantes ? Les lecteurs et les publicitaires, seront-ils prêts à payer ?  « How much of the unbundled content will have value to readers or advertisers is an open question – and the value of investigative reporting and foreign coverage to paying readers or sponsors is the most troubling question of all » (von Drehle).

L’avenir d’un journalisme de qualité reste encore et toujours sans véritable réponse – à moins de reprendre le manifeste de la Revue XXI et d’essayer de reconstruire une relation de qualité avec le lecteur. Mais sur quel modèle économique ? Le bon vieil abonnement ? Le kiosque ou la librairie ? Peut-être l’idée de proposer le contenu sous des formes variées peut-elle être un début de réflexion ?