livres

A la recherche du temps perdu

st. Musée Carnavalet, Paris

La chambre de Marcel Proust. Musée Carnavalet, Paris © A.B.

Siebenmeilenstiefel gibt’s nur im Märchen – und im Schloss von Brézé

Die Siebenmeilenstiefel. Schloss von Brézé. © A.B.

Die Siebenmeilenstiefel. Schloss von Brézé. © A.B.

Jeder kennt sie, aus den Märchen der Brüder Grimm, aus Hauff, Heine, Goethe und Chamisso und natürlich aus der Geschichte von Charles Perrault, « Der kleine Däumling » – die Siebenmeilenstiefel. Der Riese aus Perrault’s Geschichte benutzt die Zauberstiefel, um den kleinen Däumling, « Petit Poucet » im Französischen, und seine Brüder zu verfolgen :

« Die Siebenmeilenstiefel waren eine der schönsten Erfindungen der alten Zeit, nur befanden sie sich leider nicht immer in den besten Händen. Wer sie an den Füßen hatte, legte mit jedem Schritt sieben Meilen zurück, also mit zehn Schritten nicht weniger als siebzig Meilen. Da ist die Eisenbahn nichts dagegen, obwohl wir uns so viel darauf einbilden. Mit diesen Siebenmeilenstiefeln stieg der Riese über Berg und Tal, hin und her, die Kreuz und Quer, immer nach den Knaben suchend. »

Weiterlesen können Sie den Artikel auf meinem deutschen Blog.

How commonplace books were like Tumblr and Pinterest

Le « commonplace book », le facebook du 16e et 17e siècles. Sans ordinateur, mais avec autant d’ego.

tomstandage.com

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Shared journals were an early form of social media, and the mass-media era may have been a historical aberration. These were two of the claims made by Lee Humphreys, a communications and media researcher at Cornell University, who gave a talk this week at Microsoft Research’s Social Media Collective. I agree with her on both counts, of course, though I would trace the sharing of journals back further, to the commonplace books of the 16th and 17th centuries.

Humphreys has examined in detail how people in the 19th century would share their diaries with visiting families and friends by reading aloud, in order to tell them what had been going on in their lives. She has also analysed the diary entries of Charlie Mac, a soldier in the American Civil War, which he copied out and sent home as letters to his family (and anyone else they wanted…

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Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée (1958)

Il fallait servir : à quoi ? à qui ? J’avais beaucoup lu, réfléchi, appris, j’étais prête, j’étais riche, me disais-je : personne ne me réclamait rien. La vie m’avait paru si pleine que pour répondre à ses appels infinis j’avais cherché fanatiquement à tout utiliser de moi : elle était vide ; aucune voix ne me sollicitait. Je me sentais des forces pour soulever la terre : et je ne trouvais pas le moindre caillou à remuer. Ma désillusion fut brutale : « Je suis tellement plus que je ne peux faire ! »

Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée. Paris, Gallimard 1958, p. 225.

P. Bruckner, Misère de la prospérité (2002)

Seul ce qui nous résiste peut prétendre à une valeur : si une œuvre d’art, un paysage nous émeuvent, c’est que nous n’en avons jamais fini avec eux. Leur richesse s’accroît de la connaissance que nous en prenons ; ils sont à jamais séparés de nous par une distance qui signe la vraie grandeur.

Pascal Bruckner, Misère de la prospérité. La religion marchande et ses ennemis. Éditions Grasset & Fasquelle, Paris 2002, p. 68

La presse française – l’apocalypse ?

Le livre du journaliste Jean Stern, sorti fin 2012 aux éditions La Fabrique, présente un triste état de la presse française. J’ai envie d’y répondre en me positionnant sous un angle différent, celui de la presse nationale spécialisée. On parle surtout des grands quotidiens, mais je pense que toute la presse française est concernée par ce qu’évoque ce livre. J’y trouve en feuilletant les mots « conformisme », « formatage », « travail bâclé », « manque d’enquêtes », « idées rabâchées » et « médiocrité », et je ne suis pas dépaysée, ces pavées-là je les jette moi aussi dans la mare.

Il fallait s’attendre qu’une attaque des patrons de la presse provoque quelques réactions. Thierry de Cabarrus du Nouvel Observateur, pour qui « les propriétaires de journaux ne sont pas le seuls responsables », termine sa critique par :  » Erreurs de gestion de la part des patrons, frilosité des journalistes à s’ouvrir à de nouveaux métiers (internet, vidéo), refus des ouvriers du livre de remettre en cause leurs effectifs et leurs avantages : les causes du naufrage de la presse écrite sont multiples. »

C’est cette « frilosité », bel euphémisme, qui m’a fait penser au pamphlet de Stéphane Hessel, « Indignez-vous », que j’ai lu récemment. Bien sur qu’il y a cette fameuse « menace internet » qui hante beaucoup de journalistes. Peut-être aussi la peur des nouvelles technologies, qui ne sont plus vraiment très nouvelles.  Mais ce sont surtout l’absence de courage, l’immobilité, le maintien coûte que coûte des acquis d’un autre âge et le manque total d’initiatives qui nous menacent et qui nous coutent très cher. On a payé notre confort avec notre liberté et notre indépendance. Les patrons ont pu faire ce qu’ils ont fait parce qu’il n’y avait pas de résistance – et il n’y a toujours pas.

Premier constat : le système des subventions.

Selon Stern, c’est Laval qui dans les années 1940 inaugure « le système très français des « aides à la presse » qui perdure depuis plus de soixante-dix ans » (p.34).

Deuxième constat : la publicité.

« Dans les années 1980-1990, la presse vit un âge d’or, mais sa prospérité repose avant tout sur les revenus de la publicité » (Stern, p.47). Stern nous rappelle qu’une presse indépendante a tout d’abord besoin de lecteurs, de diffuseurs, de kiosques et marchands de journaux. Aujourd’hui, la publicité ne s’intéresse plus seulement aux journaux et magazines, mais aussi à internet, aux smartphones et aux tablettes. La multiplication des supports d’information et de divertissement met en cause un système de dépendance malsain qui a fini par s’effondrer.

Vient alors le troisième constat : on peut faire de l’argent avec des dettes

Avons-nous besoin que la presse se vende, que la publicité achète de l’espace publicitaire ? Non. Faisons des dettes ! Les États le font, les banques le font, pourquoi pas la presse ? « Les patrons (…) d’aujourd’hui, s’ils ne peuvent pas faire de la marge positive avec des journaux au bord de la faillite, feront de la marge négative. C’est différent mais cela rapporte aussi. » (Stern, p.58). Mieux encore, on peut menacer les journalistes de chômage, ne pas augmenter leurs salaires, peu ou pas rémunérer leurs articles, publier les photos « gratuites » récupérés par des maquettistes sur internet – tout cela sous prétexte d’éviter la faillite du titre ou du groupe de presse.

Autre constat est l’indulgence voire la lâcheté des journaux par rapport aux imprimeries. « La production de la Frankfurter Allgemeine Zeitung à Francfort est – en 2011 – 50% moins chère que celle du Monde ou du Figaro à Paris. » (Stern, p. 65). Cela est d’autant plus révoltant quand on sait que les salaires des journalistes stagnent ou baissent, et beaucoup de titres ne veulent plus payer les photographes soi-disant trop chers, même si les dépenses mentionnées ci-dessus ne concernent que deux titres prestigieux. Mais il y a aussi les plans sociaux dans les imprimeries : « Merci l’État de régler, comme d’habitude, une partie des additions des propriétaires qui sont pourtant loin d’être pauvres. » (Stern, p.65). Cela ne vous rappelle rien ? Les banques qui ont fait faillite et qui, aidées par l’État, retrouvent très vite une bonne santé. C’est le contribuable qui se serrera la ceinture.

La multiplication miraculeuse des produits dérivés

Prenant l’exemple du Monde sous Colombani pendant des années 90 et 2000, Jean Stern évoque une évolution qui continue à fleurir dans la presse française : la multiplication miraculeuse des produits dérivés. Déclinés en Hors-Séries, Spéciaux, albums, jeux, applications iPad, partenariats etc., c’est le toujours plus de produit qui règne en maître. Rester fidèle à soi-même ? Mettre son titre au centre de ses occupations ? Se mettre en cause ? Donner de la qualité à lire aux lecteurs ? Faire confiance aux professionnels ? Que nenni, on avance, on produit, les yeux fermés, comme on a toujours fait. Après moi le déluge – pardon, la retraite.

Revenons à l’argent. C’est un constat malheureux mais vrai : sans argent, pas d’indépendance, pas de liberté de la presse – et pas de reportages originales. Il n’y a pas de censure ouverte, les journalistes peuvent écrire librement, mais « l’investissement des actionnaires influe sur les contenus des journaux, non pas directement dans leur teneur mais sur la possibilité même de les produire. » (Stern, p. 101). « Le conformisme dans les choix des sujets et la spécificité moutonnière de la presse française » (p. 102), qui ne l’a jamais regretté devant la énième couverture « Hôpitaux », « Immobilier », « Louis XIV », « les Francs-maçons » et j’en passe. « Dans la presse magazine, la plupart des reportages sont réalisés dans le cadre de voyages de presse. » (Stern, p. 102). Les photos également proviennent des services de presse, des offices de tourisme et/ou des journalistes qui pour la plupart ne sont pas photographes. Souvent, il y a peu de cohérence entre les deux, et on remplit comme on peut des espaces prévues par la maquette avec des images plus ou moins intéressantes et souvent de médiocre qualité. Le manque d’argent n’empêche pas de publier, mais il empêche de le faire bien.

Mais ne stressons pas, nous ne sommes pas seuls, l’État viendra sûrement à notre rescousse, comme constatait déjà si bien Madame Patricia Barbizet en 2010 : « Cette crise a au moins eu le mérite de montrer que ce sont les États qui peuvent apporter les réponses là où l’économie seule et les marchés ne peuvent se réguler ».

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