livres

La violence des riches.

 » Autre violence insupportable que tous les travailleurs de France et d’ailleurs doivent désormais subir : le dogme selon lequel leur salaire est une « variable d’ajustement », un coût et non un dû, avec ces lancinantes menaces d’externalisation alors que, comme le rappellent les auteurs, dans le calcul du prix d’une voiture (ou d’une paire de tennis) la main d’œuvre de production n’entre que pour 1/20ème dans le prix final. »

 » Un monde où la crise de 2008 n’est pas dû aux banquiers véreux et aux entrepreneurs voyous mais aux “ avantages acquis ” (alors qu’il s’agit de droits conquis) des travailleurs. Le discours dominant édulcore la réalité. Il n’y a plus de clochards mais des SDF, plus de chômeurs mais des sans-emplois. Les plans de licenciement sont des plans sociaux, voire des plans de sauvegarde de l’emploi. Les privatisations sont des cessions d’actifs publics. »

Bernard Gensane sur le nouveau livre de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La violence des riches. Éditions La Découverte, 2013. 

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Eva Joly et la justice française

« Son protocole entretenu à coups de grades et de notes n’est que la devanture d’une institution soumise, qu’on somme aujourd’hui de condamner quand la jeunesse s’échauffe, mais qu’on somme de se taire quand elle ébranle les hautes sphères de la République. (…) Et je sens toujours sur moi le regard trop confiant des tout-puissants convoqués là. Rien ne pouvait leur arriver. Ils avaient gagné tant de batailles politiques ou financières, connu tant de retournements, ils étaient devenus si importants … Ils n’avaient pas tort avec leurs certitudes (…) Le grand édredon des élites françaises a amorti les coups. La République sait distribuer les passe-droits, les coups de pouce et les aides fraternelles. »

Eva Joly à propos du Palais de justice de Paris, dans son livre La force qui nous manque. Petit traité d’énergie et d’orgueil féminin. Éditions des Arènes, Paris 2007, p. 84-85.

Ariane Bilheran, « Manipulation ». Paris, Arman Colin 2013

 » La démocratie n’est viable que si elle se fonde sur une méritocratie, c’est-à-dire une égalité qui n’est pas arithmétique (1=1, égalité stricte), mais géométrique (proportionnalité, équité). L’égalité arithmétique nivelle au mépris de la complémentarité et de la richesse des différences; l’égalité géométrique reconnaît l’égalité de droits mais les différencie et permet ainsi de récompenser l’effort, le mérite, l’investissement, la motivation, etc. Tout l’art de la manipulation politique consiste à faire croire au peuple qu’il est en démocratie par exemple, sans qu’il le soit vraiment. »

Ariane Bilheran, « Manipulation. La repérer, s’en protéger ». Paris, Armand Colin 2013, p. 156.

A la recherche du temps perdu

st. Musée Carnavalet, Paris

La chambre de Marcel Proust. Musée Carnavalet, Paris © A.B.

Siebenmeilenstiefel gibt’s nur im Märchen – und im Schloss von Brézé

Die Siebenmeilenstiefel. Schloss von Brézé. © A.B.

Die Siebenmeilenstiefel. Schloss von Brézé. © A.B.

Jeder kennt sie, aus den Märchen der Brüder Grimm, aus Hauff, Heine, Goethe und Chamisso und natürlich aus der Geschichte von Charles Perrault, « Der kleine Däumling » – die Siebenmeilenstiefel. Der Riese aus Perrault’s Geschichte benutzt die Zauberstiefel, um den kleinen Däumling, « Petit Poucet » im Französischen, und seine Brüder zu verfolgen :

« Die Siebenmeilenstiefel waren eine der schönsten Erfindungen der alten Zeit, nur befanden sie sich leider nicht immer in den besten Händen. Wer sie an den Füßen hatte, legte mit jedem Schritt sieben Meilen zurück, also mit zehn Schritten nicht weniger als siebzig Meilen. Da ist die Eisenbahn nichts dagegen, obwohl wir uns so viel darauf einbilden. Mit diesen Siebenmeilenstiefeln stieg der Riese über Berg und Tal, hin und her, die Kreuz und Quer, immer nach den Knaben suchend. »

Weiterlesen können Sie den Artikel auf meinem deutschen Blog.

How commonplace books were like Tumblr and Pinterest

Le « commonplace book », le facebook du 16e et 17e siècles. Sans ordinateur, mais avec autant d’ego.

tomstandage.com

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Shared journals were an early form of social media, and the mass-media era may have been a historical aberration. These were two of the claims made by Lee Humphreys, a communications and media researcher at Cornell University, who gave a talk this week at Microsoft Research’s Social Media Collective. I agree with her on both counts, of course, though I would trace the sharing of journals back further, to the commonplace books of the 16th and 17th centuries.

Humphreys has examined in detail how people in the 19th century would share their diaries with visiting families and friends by reading aloud, in order to tell them what had been going on in their lives. She has also analysed the diary entries of Charlie Mac, a soldier in the American Civil War, which he copied out and sent home as letters to his family (and anyone else they wanted…

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Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée (1958)

Il fallait servir : à quoi ? à qui ? J’avais beaucoup lu, réfléchi, appris, j’étais prête, j’étais riche, me disais-je : personne ne me réclamait rien. La vie m’avait paru si pleine que pour répondre à ses appels infinis j’avais cherché fanatiquement à tout utiliser de moi : elle était vide ; aucune voix ne me sollicitait. Je me sentais des forces pour soulever la terre : et je ne trouvais pas le moindre caillou à remuer. Ma désillusion fut brutale : « Je suis tellement plus que je ne peux faire ! »

Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée. Paris, Gallimard 1958, p. 225.