Web

Pourquoi nos chefs sont-ils nuls ?

Pourquoi nos chefs sont-ils nuls ?

« Pour Thomas Chamorro-Premuzic, professeur de psychologie des affaires à l’University College de Londres et cofondateur de Metaprofiling, la principale raison du déséquilibre des genres dans les fonctions de direction repose sur notre incapacité à distinguer la confiance de la compétence, expliquait-il dans la Harvard Business Review. C’est-à-dire que nous avons tendance à interpréter les signes de confiance comme des signes de compétences. Le charisme et le charme sont souvent confondus avec le potentiel à diriger. De plus, nous avons tendance à élire comme chef des personnes égocentriques, narcissiques et qui ont une grande confiance en elles, des traits de personnalités qui seraient plus fréquents chez les hommes que les femmes. Freud soulignait déjà combien les disciples remplacent leurs propres tendances narcissiques par celles de leurs chefs, de sorte que leur amour pour le leader est une forme déguisée de l’amour-propre, ou un substitut à leur incapacité à s’aimer eux-mêmes. »

Hubert Guillaud, « Internet : outil de collaboration ou de domination? », article publié le 21 mars 2014.

Presse imprimée : le container et le contenu

La crise de la presse, la révolution numérique, on en parle beaucoup, mais très souvent, ce sont les titres des News qui sont au centre de l’intérêt. Quid des magazines spécialisées dits « culturels » ? Elles sont également concernées, car la diffusion de la presse écrite a baissé de 31% entre 2008 et 2012, comme constate Marc Mousli dans son article paru dans Alternatives Économiques de janvier 2014. Il y mentionne également le rapport du Ministère de la la culture et de la communication, publié en mars 2013. Selon ce rapport, les éditeurs de presse, dont certains semblent les grands perdants dans l’affaire, se divisent en trois classes, par leur modèle d’affaires entre « audacieux » et « très traditionnel » : 1. Les Numérique a minima, 2. les Pure players et 3. les Leaders explorateurs. La bataille entre les titres de presse est, selon ce rapport, moins liée au sujet traité et à la couverture qu’aux ressources financières et à la stratégie logistique : « La concurrence entre titres s’opère moins sur le projet éditorial que sur les modèles d’affaires et sur les modalités de mise à disposition de l’information. »

Sans surprise, les magazines appartiennent dans leur grande majorité au premier groupe, les Numérique a minima : « En outre, la proportion de magazines est plus importante dans la classe numérique a minima que dans les deux autres classes : 71% des magazines dans l’échantillon global appartiennent à la première classe des modèles d’affaires (les autres 29% appartenant à la troisième classe). » Cela signifie que les rédactions de ces titres garderaient un modèle traditionnel parce qu’il fonctionne (encore)? Ou est-ce que les lecteurs de ces titres préfèrent-t-ils (encore) le papier au numérique ? Ou est-ce qu’il s’agit d’un blocage d’ordre psychologique, voire pathologique devant Internet (« Avant, c’était mieux » – « On a toujours travaillé comme cela, pourquoi changer maintenant? » – « Je pars à la retraite, après moi le déluge ») ?

Globalement, c’est le lecteur qui semble le grand gagnant de cette (r)évolution. Il trouve quand et comme il le souhaite – et sur de multiples supports immédiatement à sa disposition – le contenu qui l’intéresse. Il peut le lire gratuitement, peut profiter de l’interactivité (commenter, « liker », suivre des blogs, s’abonner etc.) sans aucune régularité, et même composer lui-même sa lecture. Mieux encore : il devient une plus-value pour le titre de presse :

« La contribution des lecteurs à la production de contenu ne se réduit pas aux contenus textuels : création et mise en ligne d’images, de sons et de vidéos font, dans certains cas, partie intégrante de l’offre (on parle alors de contenus générés par les contributeurs ou User-Generated Content). »

La fidélisation s’opère désormais moins par titre ou magazine, mais par centre d’intérêt et par choix individuel. La lecture de tout, tout le temps et partout (là où le réseau fonctionne bien) est donc possible. Si vous habitez la campagne, ne possédez pas un réseau impeccable, ne voulez pas vous abîmer les yeux sur un écran ou si vous aimez simplement le papier, vous allez avoir moins de choix et payer probablement plus cher. Il subsistent encore des titres de presse qui fonctionnent en version papier, et ce avec très peu ou pas de publicité, car portés en (très) grand partie par les abonnements. L’abonnement est peut-être bien un modèle daté, car il impose à l’abonné de payer pour quelques sujets qui ne le passionnent pas, comme un album de musique impose à l’acheteur de payer pour une douzaine de titres et écouter seulement deux ou trois. Mais si la lecture n’est pas un récolte de l’information mais un divertissement, ce qui me semble le cas pour certaines magazines culturelles, ne lit-on pas quand même les articles qui ne semblaient pas intéressant du premier coup?

Une fois la liberté de choix possible, on ne peut plus revenir en arrière. Une fois la gratuité accessible, on ne peut plus imposer de payer. Mais on pourra reconsidérer les lecteurs et les professionnels qui font la presse culturelle. Un lecteur prêt à payer dix euros pour un magazine imprimé estime donc que le prix est approprié, et il préfère avoir du papier entre les mains. Si un journaliste est par ailleurs ingénieur, historien, médecin, politologue etc., c’est qu’il mérite un salaire qui tient compte de sa valeur ajoutée. Tous les lecteurs ne cherchent pas la même chose, et tous les journalistes ne font pas le même métier. Chaque média a ses lecteurs, adaptons enfin leurs « producteurs » et arrêtons de penser que tout le monde peut tout faire.

Le contenu de qualité n’est pas produit par des machines, mais par des professionnels qui savent chercher, trier, écrire. Le licenciement de tant de professionnels de la presse depuis des années ne peut que précipiter la dégradation de la presse en général. Le moins cher n’a jamais été une solution – et certainement pas dans le domaine de la culture. Aujourd’hui, on trouve de tout, partout, et toute de suite. Quel avenir peut avoir un magazine spécialisé qui n’emploie pas de journalistes spécialistes en leur matière, qui savent vérifier, comparer, réfléchir, mettre en question et utiliser les nouvelles sources d’information et des réseaux sociaux ? Le business model est important, l’évolution technique est certes important, mais une rédaction d’un magazine spécialisé sans professionnels du texte et de l’image ne pourra plus concurrencer les sites spécialisés gratuits et les blogueurs, parfois bien mieux renseignés. Pour l’instant, il y a encore des lecteurs sans connexion internet, sans tablette et sans smartphone, qui se contentent du contenu qu’on leur donne. Mais le jour où ils vont découvrir qu’il peuvent trouver mieux et moins cher voire gratuit, vont-ils continuer à acheter leur magazine imprimé ? Qui va acheter des VHS où des cassettes si les films et morceaux de musique existent en qualité numérique sur le Net ?

cf. Le livre « Presse en ligne » sur le site du Cairn.

Comment un journal peut-il encore avoir un service photo?

C’est bien connu dans la presse : les iconographes et les photographes ne servent à rien – pire, ils sont nuisibles. Ils ont des exigences absurdes de qualité d’image, ils prennent trop de temps pour chercher LA photo pour les iconographes, pour vouloir prendre LA photo pour les photographes. Ils gênent la cadence de production des titres de presse par leurs réflexions « bac+15 ». En plus, les iconographes travaillent avec des agences photo hors de prix, elles (oui, elles, car la quasi-totalité du métier sont des femmes) défendent les photographes qui eux, demandent des tarifs indécents pour leurs prises de vue, lesquelles – bien entendu – n’importe qui pourra faire.

Jardin des Tuileries, Paris, chantier

Jardin des Tuileries, Paris, clôture de chantier. Photo prise avec un iPhone, publiée sur Instagram. © A.B.

On les remplace depuis par des substituts, sans doute plus compétents – non, (on s’en fiche de la compétence) plus rapides : les maquettistes, les DA, et maintenant, les rédacteurs. Mais oui, pourquoi s’embêter avec des pinailleuses historiennes d’art et autre universitaires pénibles et artistes ratés râleurs, si on peut travailler directement avec les agences photo, en leur imposant des tarifs minables pour une multitude de titres, produits dérivés, hors séries et autre produits de masse ? Et les secrétaires de rédaction, dont on ne peut pas encore se passer hélas – en attendant le content marketing et les robots créateurs d’articles  – qu’il cherchent des images gratuites, il y en a partout voyons, et en plus, si besoin, qu’ils prennent des photos.

Le licenciement de l’ensemble du service photo de 20 Minutes est la suite logique de cette évolution.

« La direction a décidé qu’il n’y aurait plus de service photo à 20 Minutes. Elle souhaite s’appuyer sur les agences, la polyvalence des rédacteurs qui feront les photos et les vidéos et Scoopshot (une application qui permet d’utiliser les photos des particuliers contre rémunération, ndlr), a déclaré à l’AFP une source interne. »

« Le pdg, qui est arrivé il y a moins d’un an, a toujours dit qu’il ne comprenait pas comment un journal pouvait encore avoir un service photo », a ajouté cette source. »

Les citations proviennent de l’article publié sur le site challenges.fr, mis à jour le 13 décembre 2013.

La Presse au Futur : L’éveil numérique français

La presse française l’a enfin compris : le numérique n’est pas qu’une menace, mais aussi une grande chance. Tout changement est forcément dérangeant, angoissant, fatiguant, il est à l’image de la vie : en mouvement permanent. Rester immobile peut être mortel. Dans un combat à armes réelles, c’est sans appel : qui ne bouge pas, mourra.

Le 20 et 21 novembre 2013 s’est tenu dans le 15eme arrondissement de Paris le salon La Presse au Futur. Parmi les différents ateliers et plénières, essayons de dégager quelques tendances. D’abord, la présence des titres de presse sur les réseaux sociaux. Selon une étude de la Seprem, 61% des décideurs des entreprise de presse interrogées indiquent une présence active, contre 7% qui n’ont aucune présence numérique. Tous les magazines possèdent des bases de donnés des internautes et des abonnées de l’ordre de 70%. Les prévisions du CA 2014 montrent une augmentation de 46% des recettes publicitaires dans le digital, et une baisse de 37% dans le print. La diversification se précise, avec un net accroissement de l’événementiel, des ateliers, partenariats, conférences, produits hors média etc., ainsi que le développement des produits digitaux et de l’exploitation du modèle du contenu payant. L’investissement dans les produits digitaux est de l’ordre de 70%, formation et équipement technique inclus. En revanche, environ 40% des décideurs interrogés estiment que les recettes de la diffusion print baisseront en 2014.

Côté logiciels et supports digitaux, ce sont les possibilités d’une mise en page liquide, adaptée à la double orientation (hauteur et largeur) de lecture des tablettes et smartphones, ainsi que l’organisation modifiable d’affichage du contenu, qui permettent une personnalisation impossible sur une mise en page fixe. L’interactivité des pages web ajoute un côté vivant, même si la mise en page, par sa fixité et son identité graphique forte, rappelle le print.

Fédérer tous les métiers autour d’une organisation corporate

Pour intégrer les changements, notamment organisationnels, qui seront désormais inévitables, les entreprises de presse doivent faire preuve d’audace, d’adaptabilité et d’anticipation. L’entreprise RIP consulting a mis en évidence ces éléments décisifs, qui doivent nécessairement être accompagnés d’un vrai projet éditorial et d’une évolution porté par l’équipe. En somme, rien de bien révolutionnaire, juste du bon sens, de la communication, de la créativité, de l’écoute et du courage, bref : l’envie de faire un bon travail de journaliste.

Quelques entreprises de presse d’actualité n’ont pas attendu 2013 pour se lancer, notamment le site Médiapart, qui existe depuis 2007. Mediapart a opté pour un service payant (90€ par an) et a renoncé dès le début à un financement par la publicité. Quelques autres sites online, comme Contexte ou Indigo Publications, spécialisée sur l’Afrique de l’Est, fonctionnent sur abonnement (d’un tarif plutôt élevé), en paiement à l’acte (à article à l’unité), et sont basés sur la satisfaction des lecteurs. En clair, ces sites fonctionnent bien, sont rentables et proposent un contenu de qualité et une information ciblée. La prospection est utilisée non pas pour savoir qui est le lecteur, mais à quoi il s’intéresse. En effet, quel sens peut avoir une prospection (souvent fort cher) qui nous apprend que nous attirons 35% de lectrices de 35-50 ans ? Elle s’intéressent donc toutes à la même chose, étant dans la même tranche d’âge ?

Entretenir et développer la matière grise

Un atelier de l’Afdas exposait les différents possibilités de formation pour mieux intégrer les salariés, approfondir leurs compétences et maintenir leur employabilité dans la presse. Entre le bilan de compétence, le CIF (Congé Individuel de Formation) et la VAE (Validation des Acquis de de l’Expérience) destinées aux salariés, la POE (Préparation Opérationnelle à l’Emploi) aide à l’intégration d’un salarié dans l’entreprise, qui est également concerné par les plans de formation et les contrats de professionnalisation. Le DIF (Droit Individuel à la Formation) sera prochainement modifié. Depuis 2004, chaque salarié à plein temps cumule 20 heures par an de droit de formation individuelle, le plafond étant atteint à 120 heures. Depuis 2009, la portabilité du DIF permet en cas de changement d’employeur, de conserver ses droits pendant deux ans (sauf en cas de démission ou de retraite). Un dispositif nommé CPF (Compte Personnel Formation) se substituera bientôt au DIF et suivra le salarié tout au long de sa carrière professionnelle.

Un regard au-delà les frontières de l’Hexagone

La presse en Suisse est à l’image de son petit pays, multilingue et multiculturel. Les articles, mais aussi les images utilisés sur le web, sont souvent de très bonne qualité, à l’image du journal Neue Zürcher Zeitung. 90% de la population suisse est équipé d’internet, et le nombre de tablettes a augmenté de 35%. Le journal 20 Minutes (ici la version française) est le seul titre gratuit. Facebook domine les réseaux sociaux, et LinkedIn et Xing (en Suisse allemande) sont les deux réseaux professionnels le plus utilisés. Le plus surprenant est la place de la radio de proximité sur les réseaux sociaux. Elles sont présentes à 70% sur facebook, contrairement à la presse qui, elle, arrive seulement à environ 25%. Les grands groupes de presse suisse comme Tamedia et Ringier investissent de plus en plus dans le digital, qui est passe de 18% et 2012 à 25% cette année pour le dernier.

Chaque révolution épistémologique – et la révolution numérique en est une – provoque des bouleversements majeures dans la société, aujourd’hui comme au 15eme siècle avec l’arrivée de l’imprimerie, au 16ème siècle avec la Réformation et au 18ème siècle avec les débuts de l’industrialisation. Celles et ceux qui ne veulent pas s’adapter, qui nient la réalité, qui résistent au changement et qui, par arrogance, pensent prétendre à l’immuabilité de leur statut, de leur confort personnel et de leur mode de vie, mettent en danger tout un métier, l’avenir de milliers de jeunes journalistes et celui d’une branche qui est essentielle au bon fonctionnement de la démocratie.

Une Libération sans images

doubleLiberation14_11_2013

© Libération

Voici un journal sans images aucunes : un monde sans couleur, sans rythme et sans visuel, qui fait pourtant parti de la perception humaine et donne à un titre de presse son identité. Le journal Libération du 14 novembre 2013 devient un Libération sans images. Il y a longtemps que les métiers de l’image – photographes, iconographes, rédacteurs photo, agences – alertent sur la dégradation des conditions de leur travail. Coupes budgétaires régulières, utilisation de photos gratuites – comme ces jolies photos de vacances et  autres photomaton qui fleurissent sur les pages – disparition des reportages et des commandes photo, transfert des compétences des services photo vers la maquette ou les rédacteurs, éditeurs et secrétaires de rédaction, la liste est très longue. Il était donc temps de pousser cette logique perverse à son paroxysme et suivre son développement logique : la disparition de l’image et des métiers de l’image dans la presse. Aujourd’hui, Libération a eu le courage de le faire. Le journal place ainsi les métiers de l’image dans la longe liste des savoir-faire qui meurent dans une indifférence générale. La récente annonce de la fermeture du fabricant de pianos Pleyel et le malaise des métiers d’art sont d’autant d’alertes dans un pays ou la réforme, le dialogue et l’audace sont des mots qui font peur. Mais la peur n’a encore jamais résolu de problème, au contraire; elle renferme, rend avare et méfiant. Tant que l’avidité sans créativité et sans vision règnera en maîtresse, tant que la lâcheté et la soumission priment, tant que l’indécision et la peur bloquent tout, on aura bientôt d’autres journaux sans images – ou tout simplement plus de journaux. Nous aurons alors un monde coupé en deux : sur le papier, le texte sans images, et sur le net, des images sans texte. Bienvenu dans un monde incompréhensible.

Une peinture d’Isabelle d’Este par Léonard de Vinci ?

VLeonardo da Vinci, Isabella d'Este. © D.R.

Anonyme, Isabelle d’Este (?) © Coll. privée/D.R.

Léonard de Vinci, le maître de la Renaissance italienne, n’a-t-il finalement pas fait qu’un dessin d’Isabelle d’Este ? La notice de l’œuvre conservée aujourd’hui au Louvre précise : « Portrait exécuté lors du passage de Léonard de Vinci à Mantoue, après avoir quitté Milan tombé aux mains des Français, entre les derniers mois de 1499 et les premiers mois de 1500 ».

Isabelle d'Este

Léonard de Vinci, Isabelle d’Este © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Thierry Le Mage

En 2013 est apparu un portrait peint d’Isabelle d’Este (?) qui faisait depuis longtemps parti d’une importante collection privée. Le tableau était stocké dans une banque suisse, nous apprenait le site Medievalists.net. Léonard de Vinci aurait donc fait une peinture d’après le dessin, une commande passé vers 1500 par la jeune femme noble, mais qui a n’a jamais pu être localisé et qui n’aurait jamais été terminé par l’artiste. Certains spécialistes confirmaient alors qu’il s’agissait bien d’une œuvre de Léonard de Vinci, mais il me semble que le tableau en question contient des éléments tardifs, probablement du XVIIe siècle, comme la couronne et la branche de palmier, qui transforment le portrait d’Isabelle d’Este en portait d’une reine mythologique, voire en femme martyr. Il est plus probable qu’un artiste anonyme du XVIIe siècle se soit inspiré du dessin de Léonard de Vinci pour fabriquer le portrait d’une sainte, peut-être Sainte Catherine (tenant devant elle la roue ?).

Pop and art – shock does not automatically confers value

« Pop is suffering from the same malady as the art world, which is stuck on the tired old rubric that shock automatically confers value. »

Camille Paglia, « Pop’s Drop : From Madonna to Miley ». Time magazine (Europe), 9 septembre 2013, p. 40.