photographe

Comment un journal peut-il encore avoir un service photo?

C’est bien connu dans la presse : les iconographes et les photographes ne servent à rien – pire, ils sont nuisibles. Ils ont des exigences absurdes de qualité d’image, ils prennent trop de temps pour chercher LA photo pour les iconographes, pour vouloir prendre LA photo pour les photographes. Ils gênent la cadence de production des titres de presse par leurs réflexions « bac+15 ». En plus, les iconographes travaillent avec des agences photo hors de prix, elles (oui, elles, car la quasi-totalité du métier sont des femmes) défendent les photographes qui eux, demandent des tarifs indécents pour leurs prises de vue, lesquelles – bien entendu – n’importe qui pourra faire.

Jardin des Tuileries, Paris, chantier

Jardin des Tuileries, Paris, clôture de chantier. Photo prise avec un iPhone, publiée sur Instagram. © A.B.

On les remplace depuis par des substituts, sans doute plus compétents – non, (on s’en fiche de la compétence) plus rapides : les maquettistes, les DA, et maintenant, les rédacteurs. Mais oui, pourquoi s’embêter avec des pinailleuses historiennes d’art et autre universitaires pénibles et artistes ratés râleurs, si on peut travailler directement avec les agences photo, en leur imposant des tarifs minables pour une multitude de titres, produits dérivés, hors séries et autre produits de masse ? Et les secrétaires de rédaction, dont on ne peut pas encore se passer hélas – en attendant le content marketing et les robots créateurs d’articles  – qu’il cherchent des images gratuites, il y en a partout voyons, et en plus, si besoin, qu’ils prennent des photos.

Le licenciement de l’ensemble du service photo de 20 Minutes est la suite logique de cette évolution.

« La direction a décidé qu’il n’y aurait plus de service photo à 20 Minutes. Elle souhaite s’appuyer sur les agences, la polyvalence des rédacteurs qui feront les photos et les vidéos et Scoopshot (une application qui permet d’utiliser les photos des particuliers contre rémunération, ndlr), a déclaré à l’AFP une source interne. »

« Le pdg, qui est arrivé il y a moins d’un an, a toujours dit qu’il ne comprenait pas comment un journal pouvait encore avoir un service photo », a ajouté cette source. »

Les citations proviennent de l’article publié sur le site challenges.fr, mis à jour le 13 décembre 2013.

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Alger la surprenante, Egon Schiele et Stéphane Couturier

Alger - Cité "Climat de France"-Façade #2 / 2013 / C-Print - 160 x 160 cm and 100 x 100 cm / Edition of 5 each size

Stéphane Couturier, Alger – Cité « Climat de France »-Façade #2 © Stéphane Couturier / Galerie Polaris

Un des re-découvertes  à Paris Photo 2013 au Grand Palais, les photos des façades d’immeubles à Alger de Stéphane Couturier. Je ne sais pas si c’est un hasard ou une volonté picturale du photographe, mais en voyant ses photographies grand format, j’ai pensé à une toile de l’artiste autrichien Egon Schiele intitulé Maisons avec linge de couleur, banlieue II, qui a été vendu par le Musée Léopold, Vienna, in 2011 :

EgonSchieleMaisons1914

Egon Schiele, Häuser mit Wäsche (Vorstadt II), 1914 © Leopold Museum, Wien

Le même à-plat des volumes, les couleurs variées en lignes horizontales et verticales et la symétrie rapprochent la photographie de Stéphane Couturier de la peinture de Schiele du siècle dernier. Le photographe, né en 1957 à Paris, a travaillé sur le thème Urban archeology entre 1995 et 2010. Ses photographies sont exposées à la galerie Polaris à Paris.